Accompagnateurs linguistiques
portaits mystere
portaits mystere portaits mystere portaits mystere portaits mystere
     

 

> Geneviève et Ze

Mai 2006. Geneviève (16 ans) et Ze (17 ans) sont Australiens. Ils sont accueillis en Ile-de-France. Je suis Josie, anglaise, étudiante en Français à l’université de Bristol, et j’effectue un stage de 4 mois au bureau de Paris. Lors de l’entretien avec ces deux jeunes, nous parlons beaucoup du fait d’être un adolescent dans un pays à l’autre bout du globe dont la culture est éloignée de la leur.

Une différence significative existe entre les systèmes éducatifs des deux pays. Geneviève et Ze allaient dans les écoles privées en Australie : Geneviève dans une école catholique, et Ze dans une école qui s’inspire du système anglais de « grammar school » avec un uniforme et des règles stricts.

Ils ont trouvé l’ambiance des lycées français plus détendue que celle des lycées australiens… sans doute une fleur de ces lycées envers les étudiants d’échanges !
Les cours durent parfois trois heures, et si on s’ennuie, rien empêche de le quitter avant la fin. C’est un traitement de faveur !
La structure est plutôt comme une lecture, où le professeur parle, et les étudiants prennent des notes. On apprend beaucoup les faits, mais pas à penser, à analyser, ou à poser des questions, contrairement à l’enseignement australien.

En Australie, les professeurs sont proches de leurs étudiants ,en particulier, dans les institutions privées. Les cours durent deux heures au maximum, et les étudiants sont encouragés à travailler en groupe. La journée scolaire consiste en une suite de cours d’une heure, et ensuite d’activités comme le sport. Il n’y a pas cours les samedis. La « pause « déjeuner dure une heure, et il est habituel d’apporter des sandwichs préparés à la maison pour les manger dehors.

Geneviève et Ze étaient étonnés par la « pause déjeuner » en France : « On mange dans la cantine, et après on sort dans la cour pour fumer une cigarette, devant les yeux des surveillants, mais la pratique apparaît tout à fait accepter. Même dans les cours, il y a des pauses de dix minutes, où tout le monde va fumer une cigarette. Le tabagisme fait partie de la journée scolaire ! »

En Australie, le tabagisme est pris au sérieux. À partir de l’age de douze ans, on est soumis à la propagande anti-tabagisme, et par conséquent, beaucoup d’ados australiens ne fument pas. Si l’on est surpris avec une cigarette à la main, on est traité de drogué. Il faut suivre des mesures de réhabilitation, par exemple les patches, et si l’on n’arrête pas, on peut être renvoyé définitivement de l’école.

Geneviève se souvient de son premier week-end en France. « Mon père d’accueil et moi faisions un petit tour du quartier. J’ai rencontré ses amis, et ils fument tous. » Le tabagisme n’est pas le seul aspect de la vie française qui l’a choquée. En Australie, elle vivait à Katoomba, une petite ville à deux heures de Sydney. Elle l’a décrit comme un peu « hippie », avec une population importante d’aborigènes. Par contre, en France, elle habite proche de Paris, dans le quartier bourgeois de Chatou. À Katoomba, elle habitait avec sa mère et ses sœurs, mais en France, dans sa famille d’accueil, elle a deux frères d’accueil.

Elle pense que les différences de sa situation familiale ont influencé son choix d’amis en France. « En Australie, je n’habitais qu’avec des femmes, donc la plupart de mes amies étaient des garçons. Cependant, en France, j’habite avec des garçons, donc les femmes me manquent ! J’ai plus de copines que de copains ici. »

Quelles sont les différences qu’ils ont remarquées entre les jeunes français et les jeunes australiens ?
Selon leurs expériences, les jeunes français gardent une image très stéréotypée des Australiens. « Que nous mangeons des barbecues, que nous portons des marques de surf, Billabong, Roxy, que nous avons les cheveux blonds. » Ils trouvent que leurs amis français ont l’air plus jeunes que leurs amis australiens, et qu’ils prennent leurs études plus au sérieux.

La façon de faire la fête dans les deux pays est aussi différente. Comme boisson, les Français boivent du whiskey, tandis que les Australiens boivent de la bière. Aussi, les Français fument du tabac, tandis que les Australiens fument du cannabis, mais jamais du tabac. Ze trouve que les ados imitent les gestes et comportements un peu « gangster » ce qu’on considère en Australie comme étant un peu démodé.

Est-ce que ces différences ont permis au coup de blues de s’installer ?
Pas forcément, parce que Ze et Geneviève ont trouvé de la solidarité parmi les autres participants PIE en France. L’excursion à Monaco par exemple leur a permis de se détendre en compagnie de ceux qui ont vécu les mêmes expériences. Ze utilise MSN pour rester en contact avec sa famille, et Geneviève lit des revues féminines lorsque l’Australie lui manque.

Et qu’ont-ils vraiment préféré en France ?
L’accent sur les langues étrangères à l’école leur plaît.
Dans les lycées français, deux langues étrangères sont obligatoires, tandis qu’en Australie, elles ne sont obligatoires que pour une année scolaire. Ils ont rencontré une perspective plus internationale dans l’éducation française.

La nourriture française leur plaît aussi, notamment, les petits-déjeuners, et les baguettes. Cependant, ils ont trouvé que les bisous sont une façon très froide d’exprimer de l’affection au sein de la famille. L’habitude de serrer quelqu’un dans ses bras, comme en Australie, n’est pas assez pratiquée en France. Cependant, les différences entre les deux pays leur ont permis de mieux apprécier l’Australie ; les barbecues, le chocolat (les « Tim Tams » et le « Milo ») et leurs familles.

En revanche, comme ils préparent leur retour en Australie, ils savent que la France leur manquera. Ils se sont beaucoup investis pendant toute l’année pour s’intégrer dans la société française. Ils doivent attendre leur retour pour mieux apprécier ce que leur aura apporté leur expérience à l’étranger.     

______________________________________________________________________________retour haut de page___________

> Takumi

Takumi vient du Japon, de la préfecture de Chiba, dans l’est. 600,000 personnes y habitent. Avant son année avec PIE, elle n’avait jamais quitté le Japon. Cependant, sa famille a accueilli avant une étudiante australienne pendant un an, et c’était cette expérience qui a inspiré Takumi pour passer une année d’échange en France.
Takumi a appris l’anglais à l’école, donc elle ne voulait pas partir en un pays anglophone. Elle préférait aller dans un pays où elle pouvait apprendre une nouvelle langue. Sa sœur aînée est allée en France. Takumi ne savait pas parler le français, donc partir en France était une bonne opportunité pour commencer. Elle l’imaginait comme « un pays d’art, plein de couleur. »

Elle a trouvé l’intégration dans sa famille d’accueil assez facile. Elle croit que grâce aux efforts de la famille, mais aussi grâce à son expérience en tant que sœur d’accueil au Japon. Kate, sa sœur d’accueil australienne, était ouverte, curieuse, et souriante, donc Takumi a pris son approche comme modèle, qui a facilité son intégration en France.

Au Japon, Takumi étudiait au lycée. Il y a plusieurs niveaux de lycée, classés selon l’aptitude académique, et il faut passer un examen pour y entrer. L’absence de sélection au niveau du lycée en France lui semblait un peu étrange. D’ailleurs, au niveau de l’université, c’est encore plus étrange !

Le modèle français est donc différent du modèle japonais en matière de travail. On travaille plus au Japon. Même pendant leur temps libre, les étudiants japonais travaillent. C’est le résultat de la pression familiale et scolaire. Mais, souvent, c’est la pression que les Japonais mettent sur eux-mêmes, parce qu’ils savent que la concurrence des places à l’université est importante.

Cependant, elle n’a pas trouvé que le système scolaire français soit moins dur. On a les mêmes devoirs qu’au Japon. En fait, le planning d’une journée est similaire. La seule différence est que les Japonais travaillent plus car ils prennent leurs études plus au sérieux.

Au Japon, quand Takumi n’étudie pas, elle fait les mêmes choses que tous les adolescents. Elle sort au cinéma et fait du shopping.
Le meilleur souvenir de son séjour reste le séjour au Cap d’Ail avec les autres participants de PIE. Comme les Australiens, cela lui a fait du bien de partager son expérience avec les autres étrangers accueillis en France.

Elle habite à Paris dans une famille de quatre personnes. Son père d’accueil a pris sa retraite, la mère travaille à la banque. Son frère de 20 ans a déjà fait un échange au Canada, donc il comprend la situation dans laquelle Takumi se trouve.

Elle a rencontré toutefois certaines barrières culturelles qu’elle a dû surmonter. Les membres de sa famille d’accueil sont très proches les uns à des autres, et expriment leur affection d’une manière ouverte – par des mots et des gestes. Ce comportement ne dérangerait pas un Français, mais la culture japonaise est différente. On est réservé en famille.
« J’ai été étonnée par le fait qu’il existe un vocabulaire des mots affectueux en France. On peut dire plusieurs choses pour montrer de l’affection comme « ma belle » et « ma chérie. » Mais ce n’est pas normal au Japon d’utiliser un tel vocabulaire. On n’utilise pas la langue de tout les jours pour montrer de l’affection. On n’utilise pas de gestes non plus. Ce n’est pas une culture où l’on se sent à l’aise avec l’affection, donc on ne l’exhibe pas en famille, et donc le comportement de la famille française me paraissait un peu étrange au début. »
Parce qu’elle n’y était pas habituée, elle se sentait un peu exclue au début.

Un autre contraste était entre les fêtes de la France et celles du Japon. En effet, on partage les mêmes fêtes comme Noël et le Nouvel An. Cependant, l’accent sur les festivités dans les deux pays et très différent. Le Japon n’est pas un pays catholique, en fait, on y trouve plusieurs religions ; le shintoïsme, le bouddhisme. Les Chrétiens ne représentent que 1% de la population japonaise. Donc, c’est au nouvel an, qui est lié au calendrier plutôt qu’au christianisme, qu’on donne le plus d’importance.
Le jour du premier janvier, on mange les plats traditionnel en famille. On sert le repas dans une grande boîte, avec plusieurs étages, où l’on trouve des légumes et du poisson. Quant aux amis et à la famille éloignée, on envoie les cartes du nouvel an. La meilleur chose, selon Takumi, c’est que les parents donne à leurs enfants des enveloppes avec de l’argent.

A Noël, on échange des cadeaux, mais ce n’est pas attendu avec la même hâte, et il passe comme un jour comme les autres. L’attente en France lui paraissait étrange, avec les publicités, les décorations, les films de Noël, parce que les fêtes au Japon ne sont pas commercialisées.

Entretien avec Josie – Anglaise – Bureau de Paris - 2006

 

ombre piepied ombre
Graphisme et illustrations © 2007 www.czfstudio.com - contact : pieconnection@piefrance.com